Rio Buritaca des cabanes vers la montagne

Rio Buritaca départ de son embouchure.

Rio Buritaca départ de l’embouchure le mardi 18 août à 7 h 00 du matin heure locale. Donc suivant l’inspiration du moment je négocie à la baisse le tarif proposé pour partir vers le Village de La Quebrada del Sol .Pour moi tout s’enchaîne si rapidement qu’il me semble qu’un autoroute se positionne devant moi: illusion ou réalité, l’expérience le dira. Rien se passe comme prévu mais des solutions se présentent au dernier moment de façon tout à fait imprévue. J’ai décidé de me laisser conduire mettant mon vouloir de côté j’avance et je verrai bien si j’atteinds l’objectif que j’avais en tête ou un autre.

Nous commençons donc une montée de la vallée du rio Buritaca en moto qui dure 40 minutes sur un chemin de terre plein de trous et d’ornières où je suis vraiment secoué.

Quebrada del sol chemin d'accès
La montée en moto vers La Quebrada del Sol

Luis Edouardo semble être connu de tout le monde dans le village, il essaie d’y verrouillé l’accès touristique pour son compte. Il me présente le coordinateur du lieu un indigène Kogi appelé Augustin. Etant donné que je souhaite rester 3 semaines dans ce village il faut que j’obtienne l’autorisation du Mamu du village et qu’un programme soit mis en place. Je suis donc présenté déchaussé dans la Loma sous l’arbre sacré.

Assis sur une de ces pierres j'attendrai l'autorisation
La Loma sous l’arbre sacré
Les Kogis ne quitte jamais la mochilla et le piporo
Mochilla et piporo

Le Mamu Manuel est présent silencieux mâchant ses feuilles de coca et actionnant son Poporo.

Luis Edouardo a expliqué à Augustin que je ne venais pas en touriste mais en tant que chercheur spirituel mais aussi que je venais apprendre les coutumes diverses spirituelles et environnementales de ce peuple premier. Je pouvais aussi apporter différents types de connaissances en travaux publics et environnement. Des échanges de connaissances.

Ce lieu de la Quebrada Del Sol se situe sur un affluent du rio Buritaca elle se compose de trois parties. Elle peut être une entrée pour des contacts avec des kogis qui habitent plus haut qui sont moins en relation avec le monde occidental car ils descendent moins souvent de leurs villages.

Tout d’abord il y a un petit village avec 4 petites boutiques qui vendent quelques produits courant. Il y a aussi une école primaire.

Près du village l'école primaire
Ecole primaire

Là vivent des personnes qui ont un comportement, des habitudes vestimentaires occidentales.

Puis dissimulé à 500 ml après avoir traversé les deux bras d’un petit ruisseau qui devrait se déverser dans le rio Buritaca qui n’a pas reçu d’eau depuis 9 mois, nous arrivons à un lycée qui va jusqu’à deux ans avant le BAC avec un internat qui n’est pas en service, juste une cantine avec repas matin et midi. Ensemble financé par les espagnols.

La nourriture est cuite au feu de bois
La cuisine
les bâtiments du Lycée
le lycée
Joli construction du réfectoire au sol une dalle béton
Le réfectoire
Les cheveux noirs raides, leur habit traditionnel et des bottes
Un des jeunes élèves kogis

Dissimulé un peu plus loin sur une bosse et dans une cuvette un village Kogis, d’autres maisons sont cachées dans la végétation.

Cabanes mur en terre et bambous toit en feuilles de palmier.
Le village kogi
Huttes rondes et toit en feuilles de palmier
Vue du village kogi

L’ensemble de ces classes comprend une centaine d’enfants kogis ou paysans. Les familles n’envoient pas tous leurs enfants à l’école, beaucoup de filles restent à la maison. Certains enfants mettent plusieurs heures à pied pour arriver à l’école.

J’ai annoncé que mon séjour serai de trois semaines. Il m’est proposé d’enseigner quelques mots de français dans chaque classe et de loger une semaine à tour de rôle dans plusieurs maisons. Je désirais pendant ce temps là nouer des contacts pour aller visiter un village plus haut à une dizaine de kms.

Le Mamu accepte le projet et je redescends à l’embouchure du rio Buritaca pour préparer les affaires nécessaires et remonter le jeudi 20 août suivant.

Pendant ce mercredi de repos et préparation Orlando me dis de ne rien donner à Luis Edouardo qui a suffisamment gagné pour une journée de travail et qu’il me conduira en bas du chemin où des motos peuvent me conduire jusqu’à la Quebrada del Sol. Je vais avec Maria l’amie d’Orlando retirer de l’argent à la banque et acheter sur ses conseils une couverture car la haut il fait froid et je vais coucher dans un hamac à tout vent dans un bâtiment bien ventilé.

Le 20 août Orlando et Maria m’emmènent au pied du chemin où je me fais conduire en moto jusqu’à la Quebrada del Sol.

Je rencontre Augustin auquel je règle d’avance la somme de mon séjour de 10 jours préférant donner cette somme à un Kogi qu’à Luis Edouardo (qui apparaît quelques heures plus tard). Je fais avec Augustin le tour du lieu saluant et discutant avec différents professeurs nommés par le Ministère de l’Education Nationale Colombien.

Je vois une gamine avec un enfant sur le dos et je demande si c’est courant il m’est répondu : les fillettes, dès qu‘elles ont, pour la deuxième fois leurs règles, elles sont mariées avec un homme souvent beaucoup plus vieux qu’elles. Elles portent cet enfant sur le dos avec une sangle sur la tête ce qui ralenti leur croissance. J’ai vu quelques jours plus tard une de ces fillettes en pleurs qui voulait partir de chez elle car battue, elle ne supportait pas son mari et elle voulait descendre en ville et elle demandait mon aide. Que pouvais-je faire? La descendre en ville et le premier venu l’emmènerait pour faire je ne sais quoi. Je n’avais aucune aide à lui proposer hélas, trois fois hélas. J’aurai pourtant bien voulu l’aider. Les familles sont nombreuses et dès qu’un enfant est malade souvent la tuberculose, les parents s’en désintéressent le laisse à l’écart que l’enfant guérisse ou pas. A sa mort succédera une nouvelle naissance.

Hahit traditionnel vallée du Rio Buritaca
Élève de dernière année

Les kogis sont devenus éleveurs peu s’adonnent à l’agriculture. Une grande partie de la nourriture vient du gouvernement ou est achetée en ville. Dans ce village ils ont peu d’autonomie alimentaire.

L’après-midi je commence à donner les premiers cours de français. Certains ont un bon accent, le vouloir d’apprendre les rudiments d’autres langues, à l’école ils parlent le kogian, l’espagnol et l’anglais.

En ce qui me concerne je suis nourri à la cantine et logé dans une classe vide, le hamac est fourni par Augustin.

Vendredi 21 août levé de bonne heure 6 h 00, nous partons avec Augustin et son fils jusqu’au Rio Don DIEGO qui lui coule bien.

Le vient directement du glacier
Rio Don Diego
bien alimenté, mais peu profond
Rio Don Diego

Il est directement alimenté par les glaciers de la Sierra Nevada de Santa Marta avec le pic Cristobal Colon qui culmine à 5776 ml . Nous traversons le Rio don Diego sur 4 planches fixées sur 6 tonneaux de 200 l pour aller visiter un village Arhuacos. Je demande l’autorisation de prendre des photos comme le Mamu est absent l’autorisation m’est refusée ( voici la seule photo prise.)

les maisons sont carrés et les toits exécutés différemment
Village arahuca maison carrée toits différents

Ne sachant pas où j’allais je n’avais pris aucune disposition afin de me baigner dans les eaux pures de cette rivière, bien que j’étais en sueur. Seuls les pieds et le mains ont profité de cette eau rafraîchissante. Je n’avais pas non plus pris de quoi boire. De retour j’avale un quart de litre d’orangeade et je prends une bonne douche à température ambiante.

Augustin est venu et nous avons longuement parlé des projets:

  • Développement de la communauté

  • Une association

  • un site internet

  • des voyages

Je lui ai demandé de me conduire à Macheté un village à 40 minutes en moto ou à Chivilongue puis d’aller avec un Mamu à la  Cité Perdue. Nous verrons bien.

Samedi 22Août levé 6 h 00, déjeuné 7 h 00 riz, arepas et eau de panella avec je ne sais pas quoi, un peu onctueux, les yeux sont surpris, le goût inhabituel, l’estomac pour le moment suit et c’est le plus important. Bien souvent comme beaucoup je n’achetai pas à cause d’une idée, d’un regard au goût je n’appréciai pas la saveur d’un produit. Ici tout passe à l’arrière plan je mange comme le font les enfants de l’école ou du lycée.

Aujourd’hui nous devons descendre vers une source d’eau thermale vers le rio Buritaca. Nous devons également voir un projet sur les plantes médicinales, Augustin me dit connaître beaucoup de Mamus et que leurs connaissances devraient être enregistrées et faire l’objet de livres.

Nous sommes aujourd’hui le jour de recueillement pour les paysans et le jour de rencontre pour les kogis. Je ne verrai donc pas Augustin de la journée ni dimanche. J’apprends rapidement où il est et ce qu’il fait de l’argent que je lui ai donné, qu’il ne donnera pas à l’internat pour ma nourriture et mon « logement ». Je ne veux pas aller le voir et le dimanche soir il ne restera plus rien de cet argent. Ce sont ses enfants qui m’apportent à manger, une partie venant de la cantine. J’ai l’occasion de parler au fils aîné de l’état de son père, je n’insisterai pas car je vois que cela l’attriste.

Où sont et que sont devenus les grands frères majeurs qui auraient pu me faire part de leurs savoirs ancestraux ?

Il me reste une petite semaine à vivre à la Quebrada del Sol car j’envisage de redescendre à l’embouchure du rio Buritaca chaque fin de semaine. Je pense aussi raccourcir mon séjour car je ne vois aucun chemin qui se dégage.

Dimanche 23 je me lève de nombreuses fois, les nuits sont longues le soleil se couche à 18 h 00 et il n’y a pas de lumière, levé 6 h 00. Augustin passera avec deux de ses enfants et ne prononcera pas un mot. Je lui ai dit que l’arbre devant la classe où je dormais était mon arbre sacré, qu’il m’enseignait, que nous fusionnons et que je le soignais car il avait reçu de nombreux coups de couteau.

Que ferons-nous aujourd’hui et la semaine qui vient ? Vais-je rester dans cette vallée du rio Buritaca.

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