Quebrada del Sol Sierra Nevada de Santa Marta

Quebrada del Sol suite

Quebrada del sol: Qu’ai-je fais ce dimanche 23 août ?

Je me pose des questions, j’avais l’illusion que tous les kogis faisaient partie du peuple premier, qu’ils étaient nos frères majeurs. Je comprends que ceux que je rencontre sont contaminés par la société occidentale  » illusion », naïveté de ma part. Ils pensent détenir encore tout le savoir de leurs ancêtres, non. Seuls quelques sages restent, ils sont bien souvent âgés et il est difficile de les rencontrer. Prendre soin de la Mère Terre, illusion, la protéger illusion.

La société moderne leur apporte des produits de consommation mais ils n’ont pas reçu l’éducation des dangers qu’elle entraînait derrière elle. Les indigènes de la Quebrada del Sol ne font pas la distinction entre jeter une peau de banane dans la nature et une bouteille de verre ou d​u plastique qui mettront des siècles à se dégrader ou jamais. Il est bien évident qu’il est difficile de redescendre tous les déchets. Ils ne seront pas recyclés, toutes les filières ne sont pas en place (en France non plus et chacun ne fait pas sa part comme dans l’histoire du feu de forêt et du colibri).

Je suis dans l’illusion, l’incompréhension et triste, impuissant. Ils ne m’apprendront rien et moi non plus. Je vais remettre tout à plat et repartir à zéro. Ce zéro qui est plus loin, plus profondément enfoui que je le pensais. Tout simplement au fond de moi.

D’autres kogis moins accessibles que ceux de la Quebrada del Sol ont le respect de la Mère Terre, la connaissance, la guidance, la clair-audience, la clairvoyance mais pas ici. Je ne voudrai pas dépeindre et rester sur un tableau négatif car bien au contraire je cherche ce qui peut élever. Je me souviens encore après avoir discuté avec le fils aîné d’Augustin de l’avoir vu triste, les yeux embués. Je lui ai demandé de se lever et je l’ai pris dans bras alors son sourire est revenu. Nous avons parlé de la France, de mon voyage pendant que je mangeais. Je commençais à ne plus avoir faim, mon corps refusait la nourriture. Il repart en me disant que Augustin est malade (c’est vrai c’est une maladie, une addiction).

Quebrada del sol
Les enfants kogi vont à l’école

Au repas suivant ce sont les plus jeunes qui m’apportent à manger: riz, morceaux de saucisses, yucca et bananes frites, c’est beaucoup trop, je partage avec les enfants. Il paraît que je vais coucher chez Augustin donc changement de programme, j’ai tout de même préparé mes deux sacs à dos. Finalement je couche à l’internat mais il y a de la ​musique jusqu’à minuit trente. Un membre de la famille d’Augustin m’a gentiment lavé mon pantalon blanc et ma chemise blanche. Il l’a laissé​e séch​er  sur un fil de fer rouillé, il y a des traces de rouille. J’avais fait connaissance à la première boutique d’Isabelle une jeune femme de couleur, je vais voir ce qu’elle peut faire pour enlever les tâches.

Ce matin quand je suis allé voir Isabelle j’ai rencontré un Pasteur Pentecôtiste qui m’a invité à assister au culte à la Quebrada del Sol. J’ai décliné son invitation.

Je prends quelques photos et reviens à l’internat, pas de soleil mais il fait lourd et la journée se passe dans l’attente.

L’école reprend le lundi 24 il y a plus d’animations. La cantine s’anime à 5 h 00 pour allumer le feu de bois et le petit déjeuner est prêt à 7 h 30. J’ai continué à donner des cours de français. Ils apprennent assez vite et ont un bon accent. Plus tard j’ai discuté avec le recteur de mon projet, il m’a présenté un professeur kogi qui habite « Chivilongui ». Le professeur  va demander au Mamu si je peux monter, j’aurai la réponse dans un jour ou deux. L’après-midi sont venues une française, une colombo-française et une colombienne qui voulai​ent faire un reportage sur les indigènes de La Sierra Nevada. Nous avons discuté mais elles ne sont pas restées longtemps. Je suis ensuite allé voir Isabelle qui m’avait remis en état ma chemise blanche.

Le Mardi 25 pas d’eau, toilette au ruisseau (je pollue un peu plus la rivière). J’aurai dû jeter l’eau plus loin pour qu’elle soit filtrée avant de retourner à la rivière)​.

Le ruisseau entre le village et le lycée
Quebrada del Sol le ruisseau à sec

Utiliser la rivière c’est ce que fait chacun en lavant le linge, se lavant et un peu plus. Isabelle m’a promis de m’emmener à l’eau thermale où devait me conduire Augustin.

Un membre charger de la préservation du milieu ambiant vient apporter des informations aux élèves, je lui parle de toilettes sèches et de l’alimentation avec du tout aliment des poulets de l’internat, il est plus facile de s’adapter au monde moderne. Vous comprendrez mon désir d’aller plus loin, plus haut vers la Cité Perdue qui sera fermée durant 15 jours à partir du 1​ er ​septembre. Plus tard j’essaie de me brancher sur internet sans succès, il n’y aura pas électricité pendant plusieurs jours et il n’y a pas de signal pour le téléphone portable.

PROMENADE VERS LE RIO BURITACA

Dans l’après-midi nous allons à la source thermale avec Isabelle une de ses amies et 4 enfants c’est à 2 h 00 de marche par le ruisseau et des petits chemins. L’eau ne coule pas énormément, elle ​est chaude et agréable. Je goûte à cette eau puis nous allons nous baigner dans la rivière Buritaca plus fraîche.

Depuis la Quebrada del Sol 2 heures de marche
Promenade et baignade dans le fleuve Buritaca
Sur le territoire kogi le fleuve Buritaca
Le fleuve côtier Buritaca qui descend des glaciers

Retour en fin d’après- midi, mon repas a été mis de côté.

Dans la nuit je suis malade et j’apprends plus tard que l’eau est purgative. J’avais pris des médicaments au cas, alors je les utilise. Aujourd’hui je n’ai pas faim, je ne mangerai pas.

Mercredi 26. Cette nuit il a plu un peu mais il n’avait pas plu depuis 8 mois. Je donne comme précédemment plusieurs cours de français. Je ne mange pas mais j’ai besoin de boire.

Jeudi 27. Cela fait un mois que je suis parti de France, les contacts ne me conduisent pas très loin géographiquement et spirituellement. Je fais part de mes aspirations au Mamu du village de la Quebrada del Sol dans l’espoir qu’il en parlera. Je vais un peu mieux mais je suis dévoré par les moustiques et les « garapatas ». Aujourd’hui pour l’après-midi je donne des cours de français en primaire où Consuelo enseigne. Consuelo est une amie de Maria à Buritaca. Normalement je dois aller coucher chez elle, je me sentirai mieux et avec de la compagnie. Elle m’invite effectivement à aller chez elle mais j’y monte les mains vides, pas de vêtements, pas de nécessaire de toilette tant pis.

Vendredi 28 août. Son mari me fait faire à dos de cheval une partie du tour de son hacienda 200 ha et 200 vaches. Nous avons trouvé en route des mandarines douces sauvages très bonnes. Nous longeons un chemin en pierres très ancien, puis un lieu énergétique très puissant. Je suis ensuite redescendu à La Quebrada Del Sol où j’avais rendez-vous avec Pacho un paysan éleveur où je devais aller dormir. Je rencontre le gendre du Mamu, Manuel: Maoricio qui étudie pour être Mamu et il m’explique la conception Kogi de la création. J’ai voulu enregistrer la conversation mais j’ai eu un problème j’ai noté de mémoire quelques éléments.

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