Kogis au Parc et musée TAYRONAKA

Le musée des kogis

Les kogis ont le parc Tayronaka et un musée au bord du fleuve Don Diego.

J’ai pris rendez-vous avec Johanna  le 4 septembre. Montée en pirogue à moteur durant 10 minutes puis visite du parc, du musée des kogis et d’une maison Maria destinée aux femmes et quelques terrasses reconstituées.

Les-terrasses réalisées par les kogis ont été réhabikitées

Les-terrasses-

Terrasses construites par les kogis

Les-terrasses-

Sur la terrasse la plus élevée, nous avons fait une méditation Wiwa puis « pagamiento » (paiement des dettes antérieures généralement fait avec du coton). Nous avons pris un très bon repas (cela change) et nous nous sommes baignés dans le Rio Don Diego.

Rio Don Diego

Accostage au parc Tayronaka

Nous commençons la visite du musée par les arcs et les flèches. Les flèches sont encore utilisées dans certaines régions pour chasser les animaux : tigres, jaguars et pumas mais aussi étaient utilisées contre leurs ennemis. Ils enduisaient les flèches de venin de serpent ou autre. Les Mamus chargeaient les femmes kogis de préparer ces substances à base de venin ou de plantes toxiques. Les femmes (Sagas) les plus âgées connaissaient bien les plantes dangereuses et médicinales. Les plantes toxiques sont moins létales que le venin animal.

Lors de la guerre contre les espagnols, les indigènes kogis se plaçaient sur des points haut pour se défendre et utilisaient tous les moyens à leur disposition : flèches, pierres, eau mais aussi les Mamus kogis utilisaient des techniques d’illusion en se faisant passer pour un tigre, un serpent etc.…. Pour faire peur aux espagnols. Également ils soufflaient pour provoquer un vent très fort, les espagnols déséquilibrés tombaient, ils n’ont jamais pu monter très haut.

Puis nous passons aux poteries qui ont été faites par les indigènes. Ils plaçaient les pièces en terre dans un trou pour les cuire en mettant le feu au bois. Ces poteries sont restées sur place car seul l’or intéressait les chercheurs ou paysans. Les quelques copies d’objets en or sont ciselés magnifiquement. Depuis quelques années les poteries et autres objets sont recherchés et protégés. Les kogis demandent que les objets en or leur soient rendus pour maintenir l’équilibre de la Mère Terre ce qui commence à se faire.

Il y a des pierres taillées qui servaient de cartes avec comme dessins des arbres, des plantes des animaux et des ruisseaux. Pour les indigènes kogis le serpent symbolisait la mort et la sexualité, la grenouille la fertilité. La vaisselle en terre était considérée comme le ventre de la Mère Terre permettant de préparer l’alimentation, c’est une offrande à la Mère Terre pour maintenir aussi l’équilibre.

Musée avec poterie miniatures kogi

Plusieurs formes de pipeau étaient utilisées

Les Indigènes kogis se servaient aussi d’instruments de musique pour communiquer entre eux et chaque instrument ayant un son et une forme différents pour indiquer si c’était un ami ou un ennemi. Il y a la représentation : du Roi Guajiro

(un oiseau), le cacique tayrona, le chien sauvage, le paresseux, l’homme tigre, etc. …

Il y a des pierres en forme de tube « cuintas » celles qui ont deux trous sont féminines, sans trous masculines elles servent de colliers. Celles qui sont en pointe représentent l’homme, celles qui sont rondes représentent la femme.

Le quartz était aussi utilisé par les Kogis pour faire des pierres « quebradas » qui avaient pour objectif de faire naître l’eau.

Profitons de notre passage au musée pour donner quelques explications sur le poporo. Pour l’utiliser il faut des coquillages et des feuilles de coca. Les coquillages marins « caracuchas » en forme de tigre sont placées sur un feu pour devenir de la cendre blanche puis ensuite la poudre est placée dans un récipient où il y a de l’eau bouillie avec des feuilles de coca, ils couvrent et quand le couvercle saute c’est prêt à être utilisé dans le poporo. Les indigènes kogi prennent la poudre avec le  « sucalu » pour le mélanger dans la bouche avec la feuille de coca pour en extraire le jus. Le poporo est un objet sacré qui représente le ventre de la femme et le « sucalu » le phallus de l’homme. Le poporo est remis lors du mariage et représente la femme. Cet objet a un rapport avec le spirituel c’est quelque chose de spécial qui aide à la méditation. La chose blanche ou verte qui se forme autour du poporo s’appelle « caramus », si elle croît c’est que l’homme pense de la bonne manière sinon elle se craquelle et tombe, il fait mal les « pagamientos ». Poporer est médité pour les hommes, faire une « muchilla » c’est médité pour les femmes.

La poterie.

La terre rouge qui constitue les poteries est médicinale. Il est possible de l’utiliser comme l’argile, elle équilibre les méridiens du corps.

Plus haut sur le Rio Ancho il y a une pierre sacrée ainsi qu’une grande pierre où il a été fait des trous pour effectuer des offrandes aux quatre éléments air, eau, feu et terre.

Les embarcations.

Les grands arbres « caracoli » étaient utilisés pour faire d’énormes canoës. Les indigènes kogis brûlaient le pied de l’arbre pour le faire tomber. Ils brûlaient ensuite l’intérieur en contrôlant le feu et terminaient le travail avec de petites haches en pierre puis les canoës étaient descendus sur des rouleaux en bois jusqu’à la mer. Avant de choisir l’arbre il fallait faire le « pagamiento », il fallait demander au papa et à la maman de l’arbre l’autorisation de l’utiliser et semer d’autres arbres. Il y avait donc avant un travail spirituel. Les indigènes kogis étaient pêcheurs de requins, ils avaient une grande habilité pour conduire des canoës si grands. Ils pêchaient aussi avec des filets en coton lestés par des pierres. Les pêcheurs échangeaient le sel et les poissons contre des produits de la terre : bananes yuccas etc. 

Visite de la Casa Maria.

Casa Maria kogis

Vue depuis les terrasses de la Maloka

La casa Maria est le lieu où se réunit le Conseil pour discuter et réconcilier, les femmes ne sont pas autorisées à y entrer. La casa « Mongis » est pour les femmes mais les hommes peuvent y entrer. La culture ancienne des kogis étaient matriarcale, la femme y avait le dernier mot. En cas de séparation la femme gardait tous les enfants et les biens, c’est que l’homme n’avait pas bien pris soin de sa femme. Les mariages se font sous la « loma », la casa Maria ne s’utilise pas pour les cérémonies. Chaque soir lors des réunions chacun apporte un fagot de bois pour tenir les 4 feux allumés, un à chacun des points cardinaux, la porte elle est du côté du soleil levant. Si une femme rentre dans la « Casa Maria » il est dit que tout le village deviendra malade. Il y a deux raisons de tenir le feu allumé : pour que les animaux sauvages ne s’approchent pas et pour que le diable ne rentre pas.

Il y a plusieurs familles, lignages, les mamus sont issus toujours des mêmes familles et les enfants sont enfermés dans le noir et ont une certaine nourriture pour faciliter le développement des facultés de clairvoyance et audience jusqu’à l’âge de 16 ans généralement.

Le colibri « cingui » représente la vérité dans la culture des kogis.

Dimanche 6 Septembre.

J’ai trouvé un guide qui veut bien me conduire pour effectuer à cheval la montée de la fameuse Quebrada Valencia afin de trouver une porte éthérique et des terrasses indigènes. Je souhaitais monter le plus haut possible le long du Rio. Il n’a pas plu depuis 8 ou 9 mois et il y a peu d’eau, peut-être en trouverons-nous plus haut ?

Nous commençons mon guide à pied, moi à cheval à emprunter le chemin des paysans où 2 mules ne se croisent pas. J’avais souvent monté à cheval sur des chemins de terre, dans des sous bois, là à la première montée tout en faisant confiance au cheval je me suis fait peur et jurai un peu tard que je ne redescendrai pas par là. Au bout de 2 h 00 nous nous arrêtons pour boire. Après avoir bu et pris quelques photos je tente de remonter à cheval, je mets le pied dans l’étrier saisis le pommeau et les rennes pas suffisamment serrées et le cheval tourne, je suis déséquilibré. Quand le cheval s’arrête, je peux lâcher le pommeau, au sol ça fait un peu crac mais je remonte à cheval. Nous continuons encore à chevaucher 8 h 00 nous passons devant la première cascade du Rio Valencia complètement à sec.

Puis plus tard nous rencontrons un éleveur qui a une grande hacienda sur laquelle il y a les restes d’un village indigène. Cette hacienda est accessible en 4×4, il faudrait 2 jours pour la visiter, ce n’est plus possible c’est trop tard. En vérité cela aurait été certainement intéressant au niveau archéologique, ma recherche est plutôt humaine et spirituelle. A ce point mon guide se trompe et nous faisons une boucle d’une heure qu’il n’admet pas, pourtant nous sommes passés deux fois à l’endroit où nous avions rencontré cet éleveur. Je n’ai pas le choix nous empruntons de nouveau le même chemin dangereux et avec mon mal de dos. Nous rencontrons plus loin un gamin dans un mandarinier, trop orgueilleux il ne lui demande pas le chemin mais le gamin dit qu’il habite plus loin et passerons devant chez lui. J’espère que nous avons des chances d’être revenus avant la nuit ? Combien de fois il a fallu lâcher prise et faire confiance au cheval, je ne saurai le dire. Un peu plus tard mon guide recommence il veut me faire remonter un ruisseau, je lui dis : nous allons vers la mer, moi je descends le ruisseau ou je ne bouge pas. Il part tout seul et revient 5 minutes après, je n’étais pas très loin d’une maison et trois gamins nous observaient. Je leur demande où est «  la Troncale » la route qui longe le bord de mer de Santa Marta à la GUAJIRA ils me disent que le chemin suit le ruisseau vers le bas. Le guide décide alors de me suivre, un peu plus loin je reconnais le chemin c’est bon. Finalement à une demie heure de notre point de départ il me montre des terrasses certaines rénovées c’est la récompense, de plus je ressens ce lieu très énergétique.

Puis nous nous arrêtons à la maison de Gloria qui a vécu trente ans en France et qui connaît Eric JULIEN, l’Association TCHENDUKUA et le projet MENDIHUACA qui m’avait inspiré. C’est encore trop tard.

Le soir une dame est venue me masser et remettre en place ce qui était déplacé, le lendemain de nouveau, elle me masse et termine par de la digipuncture plantaire. Elle me dit que j’ai « la partie arrière » usée à force d’avoir glisser en avant et en arrière sur la selle, suite aux montées et descentes du chemin.

Je dis au revoir à Orlando et Maria je fais cadeau de ma paire de chaussures neuves à Orlando qui est très content. Carlos un ami d’Orlando m’emmène à la « Troncale », autobus, taxi et avion pour Bogotá. A l’arrivée je suis très content d’être accueilli par une amie et je peux enfin souffler.

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