José Mamu Wiwa la rencontre près de Raquira

José Mamu Wiwa la rencontre

José m’attend vers Raquira, mais comme je l’ai dit précédemment, je suis très content d’être accueilli à l’aéroport de Bogotá suite à ces expériences physiques et émotionnelles.

Le mercredi 9 septembre, après 3 semaines sans contact, je suis content d’avoir ma famille en France par Skype. Je prépare mon matériel pour le prochain voyage vers BOYACA. Mon amie me propose de m’emmener en voiture à RAQUIRA et de rester avec moi un moment. Finalement elle est malade et je dois partir en autobus, je cherche une solution et au dernier moment le Mamu José m’appelle pour me donner toutes les informions nécessaires : heure de départ au terminal sud des autobus à 5 H 40. Il faut partir de bonne heure pour traverser la ville. Je suis prêt, le taxi arrive à 4 H 00. Il me conduit à cet immense terminal où je cherche la Compagnie d’autobus, mais il n’y a pas de départ à cette heure là. Il faut prendre un petit bus qui va à Ubaté et là j’attends plus d’une heure une correspondance.

Ce bus qui va à RAQUIRA emprunte une route en terre qui passe par GUACHETA car José habite en pleine montagne une heure de route avant RAQUIRA. Le trajet interminable dure presque 3 h 00, il est 11 H 00. Je demande au chauffeur de s’arrêter au lieu prévu, il y a personne qui m’attend. Je téléphone, pas de réseau je recommence sans succès. Tout le monde dans le bus s’inquiète pour moi et pourtant je dois descendre, je suis en plein désert végétal et pas très rassuré de me retrouver tout seul que de la végétation de « paramon » à l’horizon  et je n’ai rien prévu ni couchage ni nourriture.

Soudain José apparaît il avait fait signe au chauffeur du bus qui ne l’avait pas vu. Bon, je ne sais pas où je vais, mais je suis accompagné. Une bonne demie heure de marche toujours aussi difficile avec un gros sac à dos, nous arrivons enfin aux cabanes de José il m’est proposé une soupe (à ce jour j’ai perdu 8kgs).

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Le soir je suis seul dans un hamac, dans une cabane à 500 ml de José et de sa famille (composée de 11 personnes en tout), face à moi-même en pleine nature c’est magnifique ! Je ne dors pas trop bien et je sors du sac de couchage prêté  plusieurs fois, c’est peut-être le froid car il ne fait pas très chaud, nous sommes à environ 3.000 m d’altitude.

Vendredi 11 septembre levé à 6 h 00 petit déjeuner : soupe de pommes de terre et verre de panela (c’est du sucre de canne dilué dans l’eau du ruisseau). Ici aussi il n’a pas plu depuis 9 mois et l’eau est rare et chargée de terre. 7 h 00 départ pour RAQUIRA (4 h 00 de marche à pied tranquillement). Je prends en route, sur les conseils de José, des photos de plantes médicinales.

José veut faire son livre sur les plantes médicinales, il compte sur moi pour les prises de photos et pour saisir les textes sur les plantes, arrivé à 11 h 00.

Visite du village, achat d’une clé USB pour José, j’ai pris mon ordinateur et je lui laisserai un double des documents puis je fais les achats des courses pour toute la famille et pour moi, deux poches de 5 litres et demi d’eau et du papier toilette (oui, car j’ai compris que ces achats étaient indispensables, ayant eu une expérience à la Quebrada de Sol, chez Consuelo

Nous mangeons un peu et j’apprends qu’il y a un bus qui part à 13 heures, en trois quart d’heure, nous sommes à l’entrée du chemin pour aller aux cabanes. José a téléphoné à ses enfants pour qu’ils viennent nous aider à porter les courses. Ils nous rejoignent au bout de 10 minutes et nous aident à porter les 30 kg, il reste encore une demi-heure à pied, moi, je porte les 3 douzaines d’œufs. A la dernière montée, José à peur pour les œufs et le risque de faire une belle omelette et il me les échange contre une poche d’eau, il me confirmera sa peur plus tard.

La salle à manger chez José
Chez José-lieu-où-l’on-prend-les-repas-mais-aussi-mon-bureau

Arrivée vers 15 h 00, j’ai le droit à une soupe aux pommes de terre pour changer et je vais me reposer et me raser avec l’eau d’un trou. L’eau de boisson, je la garde soigneusement, je n’ai pas envie de faire de nouveau 4 heures de marche pour aller chercher de l’eau.

Samedi 12 septembre nous partons de bonne heure pour aller prendre des photos de plantes plus haut sur la montagne (paramon) plus tard je mettrai les noms sur les photos et ensuite je taperai les caractéristiques de 74 plantes de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Pendant la promenade José me parle de la Mère Terre, que les hommes se prennent pour Dieu et ne respectent pas la Mère Terre. Les lacs et les minerais correspondent aux organes, la vésicule est en relation avec certains lacs, les mines de fer et charbon avec le cœur et les poumons. Exploiter une mine équivaut à couper une partie du corps de la Mère Terre. Certaines blessures sont pour Elle que des coupures, mais à force Elle va réagir, se secouer provoquant ce que nous appelons des catastrophes naturelles et qui ne sont que ce que nous devons payer pour tous les dommages causés à la Terre.

Il y a partout 2 forces  chez les plantes, celles qui sont toxiques et les médicinales, chez les animaux, les animaux amis et les animaux ennemis. Les hommes avant de se disputer doivent discuter et trouver le point d’équilibre. Tout n’est qu’équilibre et cela fait partie de notre apprentissage, de notre évolution.

150914 bureau 01 chez José
Chez José-mon-coin_bureau

Toute la semaine je tape sur l’ordinateur les informations recueillies sur les plantes tropicales et j’enregistre, sur dictaphone, celles de Boyaca pendant une journée. Chaque jour il faut faire un aller et un retour d’une heure, et rester sur place pour recharger l’ordinateur et le téléphone dans une maison où il y a l’électricité, j’en profite aussi pour écrire. Samedi durant une heure j’explique mes connaissances sur la Création ou l’Univers. Il était temps d’échanger sur nos différences et sur les convergences de nos idées.

Il est difficile d’échanger très longtemps car José

n’écoute plus au bout d’un moment. Je me suis engagé à l’aider pour son livre avec le concours de Maoricio à GUASCA. Nous décidons que mon départ serait pour le dimanche 20 septembre. Levé 4 h 30, départ prévu 5 h 00. J’attends que José arrive tranquillement à 6 h 00 avec ses problèmes :

  •  Je dois faire les courses pour la famille me dit-il, je n’ai pas d’argent donc je l’aide, il m’a logé toute la semaine.

  • Je dois attendre des amis de Bogotá qui viennent aujourd’hui, ils devaient arriver hier, ils sont en route depuis RAQUIRA où ils ont dormi. Nous partirons plus tard, l’âne portera votre sac à dos.

Vers 7 h 00 son épouse part avec l’âne, mon sac est trop lourd à porter sur ce chemin très en pente. Il va falloir trouver une solution et ne pas rater le seul car de la journée, et le peu de voitures.

J’ai l’impression d’être dans un trou et les solutions m’échappent les unes après les autres. J’envisage de faire plusieurs paquets et les monter les uns après les autres. Il faut que j’arrive à RAQUIRA avant la nuit et coucher à l’hôtel pour partir le lendemain en autobus.

Finalement à 11h00 arrivent Sergio et son amie, j’ai entendu de loin la voiture et le dit à José qui envoie trois enfants pour aider à descendre les paquets.

Sergio est styliste en art artisanal s’occupe de 10 ruches chez José. Les abeilles ont faim, le manque de pluie a réduit considérablement la floraison, je lui conseille de retirer les hausses car les abeilles occupent que la moitié des cadres des corps de chaque ruche. J’apprends qu’ils repartent à RAQUIRA, puis à BOGOTÁ, enfin une bonne nouvelle.

Finalement à 13 heures il est décidé de partir, Francisco le fils de José va venir avec moi à GUASCA. Sergio et sa compagne Lisa professeur au lycée italien à BOGOTÁ nous laisseront à SOPO et Maoricio viendra nous chercher pour nous conduire chez lui.

Je prends ma sacoche, mon ordinateur et je regarde mon sac à dos, espérant que quelqu’un m’aidera à le porter, alors José se charge de le monter. Après une demi-heure j’arrive à la voiture poussif, mais content nous partons pour RAQUIRA. Nous y retrouvons le reste de la famille et l’âne. Avant de partir nous mangeonsau menu poisson, riz et pommes de terre que nous partageons (le poisson bien grillé,  bien cuit cela change) et nous buvons un jus de fruit.

Nous partons un peu plus tard pour SOPO où nous arrivons, plus rapidement qu’en car, en fin de journée. A SOPO, Maoricio nous conduit chez lui à GUASCA, nous y sommes accueillis aussi par son épouse prénommée Niké, une anglaise. Ils tiennent une ferme « Jardin Colibri » un logis-écologique.

Après-la-visite-chez-José-loin-de-Guasca-en pleine nature
Guasca-ce-sera-la-prochaine-étape de mon voyage

Nous en parlerons plus tard.

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